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Le peintre russe Alexey Gilyroy et les Tsiganes

Le peintre russe Alexey Gilyroy et les Tsiganes

Dans la lignée du Musée national des beaux-arts du Québec qui a consacrer une exposition aux Ballets russes de Serge Diaghilev et de la venue de l’OSM à Mont-Saint-Hilaire cet été, La Maison amérindienne présente l’exposition Solitude urbaine - Moscou du peintre figuratif russe Alexey Gilyroy jusqu’au 27 novembre 2011. L’orchestre de montréalais avait pour thème «Voyage en Russie» pour le plaisir de nos oreilles, Alexey Gilyroy a voulu faire contraste en nous proposant des vues de Moscou, pour nous sensibiliser aux problèmes que vivent les Tsiganes de la ville.

Entre nostalgie et misère, freinés par la criminalité et la discrimination, ces derniers peinent à s’adapter à la vie moderne comme nombre d’Amérindiens du Canada dans des villes telle que Winnipeg. Tous les Tsiganes étaient nomades en 1956, quand l’URSS les a sédentarisés de force. En 1927, le pouvoir avait mis en place un programme d’enseignement pour les Tsiganes, mais Staline l’a supprimé dès 1938, en prélude à sa campagne anticosmopolite.

Aujourd’hui, l’inactivité des Tsiganes à Moscou résulte de leur non intégration dans l’économie moderne, urbaine et concurrentielle, alors qu’ils ne constituent plus, en Russie, une population nomade. Du temps du communisme, certains groupes de Tsiganes, les Russka Roma, notamment ceux qui chantaient pour les nobles du régime tsariste, et les plus intégrés de nos jours encore, s’étaient spécialisés dans la contrebande. Il y avait peu de marchandise à l’époque pour le peuple. C’était une activité illégale, mais non criminelle. Après la pérestroïka, toutes les nations de Russie se sont mises à faire du commerce et les Tsiganes souvent illettrés, n’ont pas pu suivre.

Si au Canada, depuis quelques années, des écoles dans les communautés autochtones permettent l’enseignement des langues amérindiennes avec l’appui du gouvernement, en Russie personne ne s’occupe de financer la transmission de la culture tsigane. Les enfants rom qui débutent l’école à l’âge de six ans apprennent le russe avec les autres, comme si c’était leur langue maternelle, alors qu’ils parlent le tsigane.

« Ce qu’il faut » précise Alexey Gilyroy, « c’est d’abord enseigner aux Tsiganes leur langue, avant la culture russe. Car un Tsigane qui perd sa propre culture ne devient pas un Russe pour autant. Il devient marginal. Sauvegarder l’identité des Tsiganes, c’est la seule façon de les intégrer pour leur permettre de trouver du travail et leur éviter de sombrer dans des problèmes identitaires, dans la pauvreté et les autres travers qu’apporte la société moderne. Même si tout n’est pas parfait pour les Amérindiens du Canada, vos gouvernements ont compris l’importance de la langue des Premières Nations

Cette exposition à La Maison amérindienne permettra certainement aux visiteurs de s’interroger sur l’ensemble des peuples nomades du monde que les gouvernements de tous les pays veulent à tout prix sédentariser…pour mieux les contrôler! 

L’exposition Solitude urbaine - Moscou est présentée à La Maison amérindienne du 510, montée des Trente à Mont-Saint-Hilaire du samedi 29 octobre au dimanche 27 novembre 2011.  Du lundi au vendredi de 9h à 17h – samedi et dimanche de 13h à 17h. 

Pour information :
La Maison amérindienne 450 464-2500.

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