Un chapelet d'îles au coeur du grand fleuve
Dans cet environnement hors du commun se côtoient des écosystèmes terrestres, aquatiques et semi-aquatiques. Les champs en friche sont prédominants sur une bonne partie du territoire, témoignant du passé agricole des îles. Ils sont le reflet de la nature qui reprend peu à peu ses droits. Ici et là apparaissent quelques secteurs boisés dont le plus important est sans contredit le boisé Grosbois d’une étendue de 18 hectares. Mais les îles, c’est aussi le royaume des milieux humides d’eau douce. Marais, prairies inondables, marécages s’y succèdent. Cette combinaison de milieux terrestres, aquatiques et semi-aquatiques fait du parc un lieu de grande diversité sur le plan de sa flore et de sa faune. Le parc compte en effet plus de 300 espèces végétales dont 5 sont susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables, deux qui sont légalement désignées vulnérables, la sanguinaire du Canada (Sanguinaria canadensis) et l’asaret gingembre (Asarum canadense) et une qui est légalement désignée menacée, l’arisème dragon (Arisaema dragon). Le petit territoire du parc abrite notamment l’une des plus importantes populations (quantité de plants) de cette plante au Québec. C’est aussi environ 45 espèces de poissons, 7 espèces d’amphibiens, 6 espèces de reptiles, près de 20 espèces de mammifères (cerf de Virginie, renard roux, vison d’Amérique, campagnol des champs, castor, rat musqué…) et plus de 240 espèces d’oiseaux (chardonneret jaune, paruline jaune, canard colvert, grand héron, pic flamboyant , grand-duc d’Amérique…) qui ont été recensées dans le parc. Fait digne d’intérêt, les îles de Boucherville, au sein du corridor fluvial, se trouvent sur une importante route migratoire de l’est du continent. Elles constituent un lieu de halte pour la sauvagine en migration ainsi qu’une aire pour la nidification et l’élevage des jeunes. Parmi tous les animaux présents, une espèce est légalement désignée vulnérable, la tortue géographique (Graptemys geographica) alors que 4 espèces sont susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Il s’agit de :
L’archipel des îles de Boucherville possède aussi une longue histoire humaine. C’est ainsi qu’il aurait été fréquenté par des populations amérindiennes, il y a plus de 2 000 ans. De plus, des travaux d’archéologie subaquatique révèlent, outre la présence confirmée de deux épaves, que les chenaux entourant les îles constituent peut-être un des plus importants cimetières de bateaux à vapeur anciens au monde. Pendant longtemps, depuis l’intégration seigneuriale du territoire jusqu’à la création du parc, les îles ont aussi été un lieu de prédilection pour l’agriculture, la pêche et la chasse, puis pour la villégiature. Enfin, il y eut même sur l’île Grosbois, entre 1909 et 1928, un des premiers parcs d’amusement du Québec, le parc King Edward. On y offrait une foule de divertissements allant d’une piste de course de chevaux jusqu’à des montagnes russes. Finalement, en 1984, le territoire est devenu le parc national des Îles-de-Boucherville |
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À deux pas du centre-ville de Montréal, un univers d’îles et de chenaux foisonne de vie et d’histoire au beau milieu d’un des plus importants fleuves au monde, le Saint-Laurent. C’est en fait le parc national des Îles-de-Boucherville, échantillon représentatif du patrimoine des Basses Terres du Saint-Laurent.



