
Par Alain Demers
La ressemblance entre les Everglades et les zones marécageuses des îles de Sorel est frappante. Si en Floride, on monte à bord d’un hydroglisseur pour explorer les marais, la meilleure façon de découvrir le côté sauvage du pays du Survenant demeure aussi une embarcation à faible tirant d’eau.
Tout un archipel
Sur le plan géographique, on devrait les désigner sous le nom d’archipel du lac Saint-Pierre, mais plus souvent qu’autrement, dans le langage populaire, on les nomme simplement « îles de Sorel ». C’est sous cette appellation que l’archipel s’est fait connaître d’une génération à l’autre avec le roman Le Survenant (1945), puis le téléroman (1955 à 1960) et le film réalisé par Érik Canuel (2005).
Il y a 103 îles. Le territoire est officiellement reconnu comme Réserve mondiale de la biosphère du lac Saint-Pierre, principalement parce que 90% du territoire est demeuré sauvage tout en étant en région habitée.

Avant d’aller sur l’eau
Au Biophare, un musée dynamique sur l’archipel, notre exploration commence déjà avec des décors et des photos superbes d’oiseaux et de paysages. Une maquette géante interactive nous le fait découvrir.
Autre lieu de passage avant d’aller sur l’eau: Statera, un dôme avec un parcours intérieur ludique et interactif. Dans la station sensorielle, on enfile un casque de réalité virtuelle pour survoler les îles.

Photo : Hé ! Photographes

Excursions guidées
Seuls les habitués naviguent avec aisance dans le labyrinthe de chenaux, d’où l’intérêt de se joindre à une excursion guidée en bateau ou en ponton. Passagers : huit à douze. Durée : deux à trois heures. Le trajet passe d’abord par le chenal du Moine mais plusieurs itinéraires sont possibles selon le niveau de l’eau. Ici et là, on voit de pittoresques chalets sur pilotis, faisant partie du paysage marécageux.

Photo : Tourisme région Sorel-Tracy

Photo : Marc Ross
Dans les marais
Selon l’itinéraire, on passe par les baies noires ou encore le chenal de la Sauvagesse, étroit et paisible. La végétation aquatique abonde: sagittaires, scirpes, nénuphars… De temps à autre, un grand héron s’envole à notre passage. Des canards noirs et des sarcelles virevoltent au-dessus des baies. Quand on s’arrête, on entend une symphonie de cris d’oiseaux venant des marais.

Kayak et planche
En retrait de la circulation nautique, il y a des coins calmes à explorer. Des couloirs idéals en kayak traversent la baie Lavallière, le plus grand marais aménagé de l’est de l’Amérique du Nord.

En planche à pagaie, de petits chenaux sont à notre portée. Avis à ceux qui veulent s’aventurer : une carte marine demeure très utile pour s’orienter. On peut louer l’équipement ou se joindre à une sortie guidée.
La gibelotte
Au bout du Chemin du Chenal-du-Moine se terminant sur l’île d’Embarras, se trouve le légendaire restaurant Chez Marc Beauchemin. On y sert la gibelotte, un plat local avec légumes, pommes de terre et barbotte.
Ouvert depuis les années 40, le resto rustique rappelant un ancien chalet d’été a résisté aux inondations printanières durant tout ce temps-là. Nancy Forget, la propriétaire, poursuit fièrement la tradition.
Bon à savoir
Nombre d’îles : 103
Superficie : 400 km²
Excursions en bateau ou en ponton: Randonnée Nature, Maison du Marais
Location de kayaks ou de planches à pagaie: Kayakalo, Maison du Marais, Passion Planches
Restaurant de gibelotte : Chez Marc Beauchemin

Alain Demers est chroniqueur et auteur du livre Redécouvrir le Québec : 101 destinations, publié aux Éditions du Journal.
