
Aventurier et auteur des livres Histoires à dormir dehors, Jonathan B. Roy a pédalé près de 40 000 km à travers 40 pays. Ses récits mettent en lumière l’essence du voyage à vélo et les rencontres qui le façonnent. Après avoir parcouru les pistes cyclables de l’ouest de la Montérégie, il explore maintenant en trois jours celles de la Rive-Sud avec son caméraman Yanouk, porté par la même passion qui l’a guidé à travers le monde.
Par Jonathan B. Roy
La Riveraine : trésors cachés et la meilleure vue sur Montréal
Je parcours la piste cyclable La Riveraine, qui relie plusieurs villes de la Rive-Sud en longeant des parcs, des secteurs tranquilles et de superbes vues sur Montréal. Elle mène aussi à une variété d’arrêts culturels ou gourmands, et même à des campings.
Jour 1 – Camp de base au RécréoParc
Je m’installe d’abord au RécréoParc de Sainte-Catherine où Yanouk et moi passerons la nuit dans l’un de leur quatre prêt-à-camper. Ouvert toute l’année, ce grand terrain vert borde les rapides de Lachine et propose une plage, un accès à l’eau et plusieurs kilomètres de sentiers.



Je m’élance sur ceux-ci à bord d’un énorme vélo quatre places – le Ballado – loué chez REKCREA. Mario et Sandra-Michèle, de Voyager à Vélo, embarquent avec moi sur le Ballado, puis prennent en charge mon véhicule grâce à leur service de convoyage afin que je retrouve ma voiture à ma destination finale sans avoir à revenir sur mes pas.
La même journée, mon caméraman et moi nous rendons à Exporail, le Musée ferroviaire canadien, situé à peine 6 km plus au sud, à Saint-Constant. Il y a ici quasiment 200 véhicules ferroviaires de toutes les époques, des répliques de gares, un vélorail et même un chemin de fer miniature (pour enfants et adultes au cœur d’enfant) qui sillonne la forêt. Pour les plus enthousiastes, la visite pourrait s’allonger sur toute une journée.
Jour 2 : La Riveraine
Nous enfourchons nos vélos et suivons le fleuve vers l’est. Après une pause café à L’Apostrophe, La Riveraine nous mène à l’ArchéoMusée Roussillon où près de 300 000 artéfacts racontent l’histoire locale. Le lieu, ludique et interactif, plaît autant aux adultes qu’aux enfants, surtout avec son bac à sable inspiré des fouilles archéologiques. Juste à côté, la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine nous ouvre les portes de sa crypte. On y descend pour découvrir les tombes de plus de 300 paroissiens, vestige d’une époque où être enterré sous l’église signifiait se rapprocher symboliquement du Ciel.

Nous reprenons ensuite La Riveraine, nous longeons la Voie maritime en observant les cargos, et nous passons sous le pont Samuel-De Champlain avant d’atteindre Saint-Lambert pour une pause tapas bien méritée au restaurant d’inspiration mexicaine El Gordo. Après avoir bien rempli nos bedons, nous poursuivons notre randonnée jusqu’à la marina de Longueuil pour admirer la vue, et reprenons la route jusqu’au traversier de Boucherville afin d’utiliser la navette fluviale pour nous rendre au Parc national des Îles-de-Boucherville.
Le Parc national des Îles-de-Boucherville : le paradis juste à côté
Au milieu du fleuve Saint-Laurent, entre Montréal et Boucherville, se trouve un archipel vert encore méconnu. Six de ces îles ont été protégées en 1984 pour former un parc national et ainsi préserver leurs milieux humides. Aujourd’hui, la Sépaq y propose un éventail d’activités – golf, kayak, vélo, ski de fond – dans un décor habité par une riche faune.
On peut rejoindre le parc en voiture, en transport en commun ou par la navette Navark. Pour ma part, je poursuis mon aventure 100 % montérégienne : j’arrive par la piste cyclable La Riveraine jusqu’au quai Yvon-Julien à Boucherville, où mon caméraman et moi embarquons nos vélos sur la petite navette. Sept minutes plus tard, nous atteignons le Parc national des Îles-de-Boucherville.
La courte traversée ne m’avait pas préparé au changement d’atmosphère : j’ai l’impression d’arriver dans un camp de vacances. Le camp rustique de la Sépaq tranche avec les teintes de vert, ponctuées de rouge par les embarcations et les chaises Adirondack tournées vers l’eau. Le vent fait bruisser les feuilles, les oiseaux gazouillent – plus de 260 espèces fréquentent les îles – et même les employés semblent heureux de travailler dans un tel décor.
Plus tard, nous avons même droit à une heure de conte autour du feu. Xavier, l’animateur, y enchaîne histoires et légendes avec une énergie de comédien. Les enfants sont captivés, et je ris plus d’une fois, moi aussi!
Les lieux comptent plusieurs options de camping, mais nous concluons l’aventure de la journée en nous installant dans un prêt-à-camper aux murs d’épaisse toile où tout est fourni, sauf la literie.

Jour 3 : Explorations cyclistes
Le lendemain, alors que nous faisons un excellent usage de la cafetière, le jovial guide Mathieu se pointe pour nous accompagner dans nos découvertes cyclistes. Il nous explique que les îles comptent 21 km de pistes multifonctionnelles en gravier compacté. Le réseau sans dénivelé permet de faire le tour des îles en enchaînant les paysages sur l’eau, les marais et les boisés.
Depuis notre campement sur l’île Grosbois, nous commençons la journée par la maison longue, reconstituée sur un site archéologique iroquoien. Nous filons ensuite vers l’île de la Commune, où un petit pont offre une vue sur une plateforme flottante utilisée par les kayakistes pour observer la faune.

Les paysages défilent rapidement : marais, sous-bois, ouvertures sur le fleuve. À part le crépitement de nos pneus, tout est calme, et l’on oublie presque la ville, même si quelques immeubles montréalais apparaissent parfois au loin. Nous atteignons finalement la Tour, l’une des haltes découvertes. Avec son escalier en spirale, c’est l’un des meilleurs points pour admirer les oiseaux migrateurs.
À la fin de la journée, nous retrouvons mon véhicule dans le stationnement du parc, là où Mario de Voyager à vélo l’avait déposé le premier jour de notre périple. Quel bonheur de ne pas avoir à retourner sur nos pas !
Pas que pour les cyclistes
Ce parc national de 8 km² n’a ni canyons ni rivières sauvages, mais sa proximité avec la métropole et son accès direct à vélo en font une superbe escapade toute proche, à vivre et à revivre au fil des saisons. Les activités et les paysages changent d’un mois à l’autre, et l’on peut louer des vélos et des embarcations nautiques sur place pour simplifier le tout.
Sur les sentiers faciles et accessibles, nous croisons marcheurs, joggeurs, familles… mais aussi cerfs de Virginie, marmottes, castors et hérons. On comprend vite pourquoi les employés de la Sépaq aiment tant y travailler!
Le périple de Jonathan B. Roy en vidéo – La Riveraine
Le périple de Jonathan B. Roy en vidéo – Parc national des Îles-de-Boucherville


